20180516_195002La salle du 13bis rue Abel Gance était pleine le 16 mai pour la rencontre de Paroles A Venir avec Bertrand Heilbronn, président d'Association France Palestine Solidarité (AFPS).

Tragiquement, deux jours plus tôt, les soldats israéliens avaient fait 60 morts et plus de blessés chez les civils palestiniens qui manifestaient pour commémorer les 70 ans de la NAKBA, le grand exode où 700 000 Arabes palestiniens ont dû fuir leurs villes et villages lors de la création de l'État d'Israël.

Bertand Heilbronn a rédigé un compte-rendu de son intervention, auquel il a joint des liens informatiques (les liens apparaissent en rouge, il suffit de cliquer dessus pour les activer) et une carte des territoires concernés.

Bonjour,

J'ai sûrement passé trop de temps sur l'historique et pas assez sur le "que faire". Trop pris dans l'action ces derniers jours, trop pris par l'émotion de ce qui vient de se passer... et dans une certaine impréparation due à des journées où je n'ai pas réussi à trouver une seconde...

Je ne suis pas d'accord sur le fait que l'on ne peut rien faire dans les instances internationales ni au niveau de nos gouvernants.

Lundi après-midi, la déclaration du ministre des Affaires Étrangères, appelant "les deux parties à la retenue", était lamentable dans sa partie Gaza. Tard le soir, un communiqué sur le site de l'Élysée comportait une condamnation claire "il a condamné les violences des forces armées israéliennes contre les manifestants" et plus loin une évocation de la Nakba "la commémoration de l'exil de nombreuses familles palestiniennes". Cette condamnation a été remarquée. Elle a été réitérée le lendemain sur le site du MEAE, qui a rappelé la position de l'Élysée et ajouté : "Rien ne peut justifier des tirs systématiques à balles réelles contre des manifestants pacifiques et désarmés." Et le lendemain, dans une conférence à Sofia, le président de la République a qualifié les actions de l'armée israélienne de "odieuses". On est loin de ce qu'il faudrait, à savoir des sanctions, mais on a connu pire, notamment avec le soutien de Hollande à l'agression israélienne contre Gaza en juillet 2014, après avoir pris ses instructions par téléphone de Netanyahou.

Au niveau international, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU, réuni hier, a décidé de la constitution d'une commission d'enquête internationale sur les tirs de l'armée israélienne contre les manifestants palestiniens. Décision immédiatement condamnée par Israël qui l'a qualifiée de "encouragement au terrorisme", mais qu'il faudra suivre de près... en argumentant sur le refus de cette commission d'enquête pour pousser à des sanctions contre Israël.

L'impunité est la mère de tous les crimes et le pire.

Quelles perspectives sur le plan international ? Mardi soir, au concert de solidarité que nous avions organisé, l'ambassadeur alternant de la Palestine à l'Unesco, Mounir Anastas, évoquait trois avenirs possibles : l'État de Palestine dans ses frontières de 67 avec Jérusalem-Est pour capitale, mais si on veut cet avenir il est grand temps de reconnaître l'État de Palestine avant que cet avenir ne disparaisse totalement, un État unique sur la Palestine mandataire, et dans ce cas il faut lutter contre le régime d'apartheid et pour l'égalité des droits de tous les citoyens qui vivent sur cette terre, ou une nouvelle Nakba, avec l'expulsion massive de Palestiniens, un avenir terrible qui est toujours possible.

La clé est dans la fin de l'impunité de l'État d'Israël, et cela passe par des sanctions. La clé est dans une action internationale multilatérale forte, et la France est aujourd'hui attendue sur ce plan. L'action citoyenne a un rôle très important à jouer, notamment par une campagne BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) qui soit menée de manière à être parfaitement comprise et à mettre la société civile israélienne, comme les gouvernants de nos pays, devant leurs responsabilités.

Nous pouvons et devons agir en tant que citoyens. Nous le faisons toujours à l'AFPS avec l'idée que la solidarité avec les droits des Palestiniens est majoritaire dans l'opinion française: il faut toujours penser à l'élargir au maximum. Lorsque nous voyons les positions prises par de grandes ONG comme Amnesty International, cette grande unité des personnes de conscience est notre meilleur atout. Nous menons de nombreuses campagnes, par nous-mêmes ou avec nos partenaires. Et nous agissons aussi, au niveau de nos groupes locaux, pour faire connaître la culture palestinienne, mener de multiples projets de coopération avec la Palestine, se rendre sur place et témoigner à notre retour.

Alors, agir en tant que citoyens, ou pousser nos gouvernants et les instances internationales à agir? Pour l'AFPS, c'est clairement les deux.

Je vous invite à prendre connaissance de deux fiches :

- une qui explique qui nous sommes et comment nous travaillons,

- une qui exprime les 7 priorités que nous nous sommes donnés en septembre 2017 pour l'année à venir, à la suite de notre congrès de mai 2017; notre volonté, sur chacun des sujets, est d'obtenir des avancées significatives.

Je vous invite à aller sur le site de l'AFPS  pour :
- découvrir nos campagnes : http://www.france-palestine.org/+-Campagnes-Actions-+
- lire nos communiqués : http://www.france-palestine.org/-Communiques-
- rester au courant de l'actualité, en visitant régulièrement notre site et/ou en vous abonnant à notre lettre hebdomadaire d'information http://www.france-palestine.org/-Lettre-d-information-
- prendre contact avec le groupe local le plus proche de chez vous http://www.france-palestine.org/groupes
- et bien sûr adhérer ou nous soutenir si vous le souhaitez (voir les liens sur la page d'accueil de notre site).

Sur le plan de la documentation, vous m'avez demandé la carte que j'ai projetée, la voici : https://www.ochaopt.org/sites/default/files/westbank_final.pdf . N'hésitez pas à consulter plus largement le site de l'OCHA.

Allez voir aussi le site de B'Tselem, ONG israélienne https://www.btselem.org/
Et consultez les dossiers thématiques de la Plateforme des ONG pour la Palestine: https://plateforme-palestine.org/

Pensez à aller sur place : c'est beaucoup plus simple que vous le pensez, nous organisons souvent des missions collectives au niveau de nos groupes locaux, et pouvons aussi vous donner des indications pour partir seuls. C'est une expérience qui vaut tous les discours.

N'hésitez pas à revenir vers moi pour plus de précisions.

Amitiés,
Bertrand Heilbronn

 

carte Palestine_westbank_final