17 décembre 2009
Rencontre du 15 décembre 2009 sur les Mineurs Isolés Etrangers
Mineurs isolés étrangers en
France
Le 15 décembre dernier, Paroles A Venir accueillait Dominique Habiyaremye, de l’Association Enfants du Monde – Droits de l’Homme (EMDH) pour témoigner sur la situation des mineurs isolés étrangers en France et sur l'action d'EMDH.
L’Association EMDH a été fondée en 1986 par un prêtre, Yves Buannic, et deux avocats, Monique Brioudes et Daniel Voguet. Dominique Habiyaremye y est responsable du Centre Enfants du Monde (CEM), situé au Kremlin Bicêtre ; ce centre a été créé en juin 2002 à la demande du Secrétariat d'Etat pour la Lutte contre l'Exclusion et la Précarité, face à l’arrivée en nombre important de mineurs isolés étrangers en Ile de France (coordonnées EMDH et CEM : voir en fin de ce compte rendu).
Qui sont les mineurs isolés étrangers en France et d’où viennent-ils ? Dominique Habiyaremye explique que les situations et parcours sont très variés. Venus d'Asie, d'Afrique, du Moyen-Orient, les jeunes ont quitté ou fui leur pays dans l’espoir de jours meilleurs, en affrontant souvent beaucoup de dangers pour rejoindre la France ; dans notre pays, ils sont confrontés à de nouveaux dangers, se retrouvant à errer dans les rues à la recherche d’un abri et d’une aide, livrés à eux-mêmes sans argent ni connaissance de la langue française. La plupart sont mandatés par leur famille (qui s’est souvent lourdement endettée pour organiser leur départ) dans l'espoir de travailler en Europe et subvenir aux besoins familiaux. Certains fuient la guerre dans leur pays où ils sont menacés physiquement ou bien risquent d’être enrôlés de force comme combattants dans des groupes armés, malgré leur âge. D'autres sont victimes de traite, de réseaux de prostitution ou contraints de travailler dans des ateliers clandestins, et leur situation en fait des cibles faciles.
Dans un colloque récent tenu à l’Hôtel de Ville de Paris, tous les acteurs insistaient sur l’afflux croissant de ces jeunes mineurs et sur la nécessité d'améliorer le dispositif d’accueil, de prise en charge et de protection. A peu de jours d’écart, Dominique Versini, Défenseure des enfants (elle a été nommée à ce poste par un décret de 2006 du Président de la République), déplorait dans un entretien à un journal que les lois répressives votées récemment en France menacent les principes de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, et son poste est mis en cause par un projet de loi.
Que fait le Centre EMDH du Kremlin Bicêtre lorsqu’il accueille un mineur isolé étranger ? Dominique Habiyaremye a souligné qu’il est d’abord important de comprendre le parcours du jeune, et d’essayer de le rassurer (cela n'est pas facile car bien des points de son passé l'incitent au contraire à être très méfiant). Pour cela, le travail se fait avec une équipe spécialisée pluridisciplinaire, dont les membres parlent 24 langues et dialectes et connaissent bien la culture et les situations géopolitiques des pays concernés. Cela aide à comprendre la situation du jeune, qui est souvent compliquée, pour ensuite pouvoir développer avec lui un parcours de vie individualisé et adapté à ses capacités.
Bien des facteurs rendent la situation
difficile à comprendre et à régler, dès l’arrivée du jeune puis au fil des
années : défaut fréquent d’état civil et de papiers, relation ou absence
de relation entre le jeune et sa famille, travail complexe avec les
administrations pour pouvoir le faire accéder au statut de
mineur, accès à la
scolarisation face au défaut d’accord parental formalisé, devenir du jeune
en fin de scolarisation, sortie du statut de mineur avec application de
nouvelles dispositions venant remettre en cause voire détruire ce qui a été
construit les années précédentes, confrontation au chômage… Un point
fondamental dès le début de l’accueil du mineur est d’entretenir ou de
retrouver le lien familial entre lui et sa famille, afin de faciliter les
procédures administratives dans le pays natal (établissement de l’état civil principalement), et d’encourager le jeune dans une vraie dynamique de projet en
disposant du soutien moral de sa famille.
La réunion s’est achevée par un
échange de questions et réponses . Notons un point important qui peut
concerner chacun : que faire si l’on rencontre un jeune isolé
mineur ? Dominique Habiyaremye a recommandé de l’accompagner au Service
Social, ou d’appeler les Associations telles qu’EMDH, ou bien de l’emmener
directement à l’Aide Sociale à l’Enfance (76-78 rue de Reuilly dans le 12ème
arrondissement, près de la station de métro Montgallet).
En
fin de réunion, il a été demandé
au témoin comment il est possible, pour lui et les membres d’EMDH, de vivre au
jour le jour sur le plan humain cette bagarre contre les procédures et les
difficultés. Pour Dominique Habiyaremye, la réponse est claire : « Il
est vrai qu’on pourrait se demander comment tenir face à des situations
bloquées et comment on va pouvoir s’en sortir ! Mais, si on ne l’avait pas
fait, que seraient devenus les 1545 enfants qui ont été accueillis à Enfants du
Monde ? Tant que la situation de ces jeunes est ce qu’elle est, il faut
être à leurs côtés, et se battre, car malheureusement si on ne se bat pas on
n’a rien ».
Vous trouverez plus loin comment pouvoir participer à votre mesure à cette action.
Jean-Michel Tesseron (pour le Bureau de Paroles A Venir).
Centre Enfants du Monde
(CEM) du Kremlin Bicêtre
Centre Enfants du Monde
21, place Victor Hugo
94270 Le Kremlin-Bicêtre
Tél : 01 43 90 47 70 Fax : 01 45 21 49 76
Mail : contact.paris@emdh.org
Le Centre Enfants du Monde constitue la mission d’hébergement d’urgence mise en place par Enfants du Monde – Droits de l’Homme en région parisienne.
Association EMDH (Enfants
du Monde – Droits de l’Homme)
Site internet (outre la mission et l'action et l'organisation d'EMDH, il présente les droits de l'enfant):
On y trouve aussi les moyens d’aider l’Association EMDH :
- adhérer à l’association (adhésion 46€)
- faire un don
- donner de son temps, en devenant bénévole ou en rejoignant un comité local
- devenir une entreprise partenaire
- acheter solidaire
07 novembre 2009
La Semaine de la solidarité internationale
"Chaque année depuis 1998, la 3e semaine de novembre est celle de la
Semaine de la solidarité internationale, rendez-vous national de
sensibilisation à la solidarité internationale et au développement
durable.
Différentes manifestations alliant réflexion, créativité et convivialité sont organisées partout en France.
Elles permettent de dépasser nos idées reçues, d’échanger et de
s’interroger sur ce que nous pouvons faire pour rendre ce monde plus
solidaire, que ce soit à travers nos actes quotidiens les + simples
comme les + engagés."
(source : http://www.lasemaine.org/ )
Cette année, c’est du 14 au 21 novembre. A Paris, tous les évènements sont indiqués sur le site de la Mairie Voici en PJ le programme des manifestations proposées dans le 13ème arrondissement : SemaineInternSolidarite13 Elles sont variées et autant d’occasions de découvertes !
A bientôt !
08 mai 2009
La guerre à Gaza
Notre association souhaite depuis plusieurs mois vous proposer une rencontre sur la guerre de Gaza. Nous vous en informons régulièrement mais aujourd’hui, nous n’avons ni intervenant, ni date arrêtés.
Les conditions de vie des habitants de Gaza, ce qui se passe aujourd’hui – et depuis longtemps – dans les territoires palestiniens ne cessent de nous interpeller, impliquer et pour le moins inviter à les faire connaître. A notre mesure, en tant qu’hommes et femmes « citoyens », engagés dans la vie du monde, en tant que croyants pour ceux d’entre nous qui le sont.
Voici 3 textes, le premier est celui du Père Manuel Musallam, curé de l’Eglise de Gaza, envoyé le 22 janvier 2009 aux chrétiens prêts à l’écouter EgliseGAZA. Les deux suivants sont des articles écrits le 8 mai 2009 dans le cadre de l’actuel voyage du pape Benoît XVI, l’un a été publié sur le site de l’Association France-Palestine Solidarité VoyagePape0509AFPS, l’autre dans le quotidien Le Monde VoyagePape0508LeMonde.
Sur ce lien, vous trouverez également un dessin de Brunor DessinBrunor, publié dans un livre très récent (26 avril !) « Jésus, conduite accompagnée » d’Alain Patin (Editions L’Atelier).
Il ne s’agit bien sûr que de suggestions. N’hésitez pas à signaler un site, un texte, une proposition que vous souhaitez partager. Ou à réagir, nous écrire…A bientôt !
12 décembre 2008
Rencontre autour de la crise financière, les 1ers "retours" !
Dès le lendemain de notre rencontre sur un sujet d’actualité, ici « la crise financière » dont l’intervenant était Hubert Kempf, professeur d’économie à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne, nous avons reçu ce mail d’une jeune participante, habitant dans le XVIIIème arrondissement à Paris. Elle venait pour la 1ère fois à l’une de nos rencontres !
Bonjour,
En ce jour, où je me suis réveillée moins égarée par la crise financière, je
voulais remercier le professeur Hubert
Kempf. La crise est pour moi très limpide et mon impression
de me faire "rouler" est moins omniprésente.
Comprendre "qui, quoi, où, quand et comment", permet de reprendre un
peu le contrôle des médias et de la psychose ambiante qu'ils entraînent.
Mais surtout cela m'a convaincue, qu'il ne faut pas hypothéquer l'avenir des
hommes pour du profit.
Merci "Paroles à venir", de nous donner la possibilité de faire
partie de la société, en nous comblons notre ignorance.
Bien à vous,
L.
Une trentaine de participants et beaucoup de
« retours » très positifs. Merci beaucoup !
Une réaction, une question ? Laissez » un
commentaire » sous ce message ! Soyez certain(e) qu’il sera lu et que
nous vous répondrons ! A bientôt peut-être !
En
savoir plus ? Voici notre dépliant 2008-2009 :DepliantPAV
08 mars 2008
Rencontre avec un témoin: Claude BAEHREL (18 février 2008)
Jean Minguet, Président de « Paroles A Venir » introduit la soirée, en présentant Claude Baehrel, qui a beaucoup travaillé en Afrique, et a été Secrétaire Général du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement.
Il organise son témoignage autour de quatre informations ou événements récents :
1) Urgence et développement /
crise au Darfour / Arche de Zoé
La crise du Darfour mobilise tardivement l’opinion, à un stade où l’on est au bord de la catastrophe, avec deux millions de personnes déplacées. Comment cela se fait-il, alors que la crise couve en fait depuis une dizaine d’années déjà ? Claude Baehrel souligne qu’aux causes africaines internes souvent médiatisées, il y a dans ce cas comme dans bien d’autres en Afrique des conflits sous-jacents, avec les intérêts d’autres pays non Africains, et la question des enjeux économiques liés aux concessions pétrolières.
La question du maintien de la paix et des conséquences humanitaires représente désormais plus de 40% du budget de l’ONU, et le traitement de l’urgence prime de plus en plus sur celui du développement. Cela bouleverse tout le paysage des ONG et de leur action. Cependant, les questions de développement ne sont pas absentes, et Claude Baehrel développe deux thèmes importants : les programmes pour la lutte contre la pauvreté, les « objectifs du millénaire ».
2) Mondialisation /
négociation entre Union Européenne et Pays Africains
Au sommet de Lisbonne, qui s’est tenu fin 2007 entre l’Union Européenne et l’Afrique, le Président du Sénégal Abdulaye Wade a dit que les pays africains doivent rejeter les Accords de Partenariat Economiques entre l’Europe et l’Afrique, parce qu’ils conduisent à une intégration forcée de celle-ci au marché mondial. Beaucoup de pays africains craignent que les nouvelles règles, basées sur l’ouverture du marché, conduisent en fait à un afflux des produits européens, de façon non équitable. Cette libre circulation des marchandises vient concurrencer les économies régionales, alors que l’Afrique était en train de se doter de nouveaux mécanismes, avec régulation des droits de douane, et que se mettait en place le NEPAD (nouveau partenariat africain pour le développement), qui cherche à attirer les investissements en Afrique. Il est frappant de comparer cette marche forcée avec les décennies que l’Union Européenne s’est données pour avancer sur ces questions en interne. Il y a des alternatives, et il faut donner les moyens et le temps aux pays africains pour avancer, comme nous-mêmes l’avons fait.
3) Démocratie / événements du
Kenya
Les derniers événements du Kenya sont nés à partir de la contestation du résultat des élections. Soulignant les préjugés européens sur l’Afrique (un Président de la République français n’avait-il pas déclaré que la démocratie n’était pas faite pour l’Afrique ?), Claude Baehrel incite à être conscient des progrès réels de la démocratie en Afrique. Alors que beaucoup de pays y étaient sous un régime de parti unique, cela a commencé à changer dans les années 90, et, au-delà des problèmes réels qui existent encore, le processus de démocratisation s’est mis en place et est maintenant bien enraciné. Ces dernières années, 32 scrutins se sont tenus en Afrique, dont 20 élections présidentielles. De plus, il se met en place une démocratie locale, ainsi que la décentralisation dans presque tous les pays qui ne sont pas en conflit. Cela ne se fait pas sans mal, car pouvoir exercer réellement le pouvoir au niveau local demande d’exercer des transferts de compétences et de faire les transferts financiers correspondants. Claude Baehrel dit que l’on retrouve les mêmes types de problème que ceux qui se posent en France avec la décentralisation, et nous incite en conséquence à positiver notre regard sur l’Afrique.
La crise écologique est devenue une préoccupation contemporaine, avec des enjeux complexes et graves (épuisement des ressources non durables, pollution, dérèglements climatiques, désertification, problème de l’eau…). Claude Baehrel invite à y voir quelque chose de positif, avec la prise en compte croissante par chacun d’une dimension commune au-delà de ses propres intérêts, et la référence nouvelle aux « biens publics mondiaux ». Le défi du développement durable remet en cause le système de croissance, et le système de consommation et de surconsommation auquel nous étions habitués. Cette problématique pèse sur nos pays riches, mais aussi sur les pays moins avancés et sur les pays les plus pauvres, auxquels nous nous avons la prétention de dire qu’ils ne doivent pas user des ressources comme nous-mêmes l’avons fait. Cela suppose que nous sachions trouver pour ces pays des compensations, et que nous sachions arrêter le nouveau pillage du tiers monde qui est en cours par la surexploitation des sols.
Claude Baehrel a plus spécialement développé le problème de l’eau, qui est à la fois un bien public mondial et une ressource en péril, ainsi qu’un facteur futur (et déjà actuel) d’insécurité. Alors que la Banque Mondiale a décrété que l’eau est un marché avec son prix de marché, il faut être conscient que le modèle occidental du développement des réseaux d’adduction d’eau n’est pas transposable au monde entier, et il faut reconnaître à sa juste valeur ce que le génie local peut faire dans de nombreux pays, avec par exemple le développement des puits et les systèmes de récupération de l’eau.
23 janvier 2008
Soirée "Birmanie" du mercredi 16 janvier 2008
Cette image pour évoquer ce beau pays et le montage audio-visuel qui a ouvert la soirée du 16 janvier 2008 consacrée à la Birmanie.
Après avoir découvert en images quelques aspects du pays, Frédéric de l'Association Info-Birmanie a retracé l'historique du pays depuis les débuts de son indépendance en 1947 jusqu'à aujourd'hui.
Après une courte période démocratique, l'armée s'est emparée de tous les pouvoirs en 1962 et désormais fait régner sur le pays un ordre implacable : les violations des droits de l'homme les plus élémentaires sont monnaie courante et le sort de la population est à l'abandon. Les domaines les plus essentiels, l'éducation ou la santé sont en régression : les enfants de familles pauvres ne peuvent pas suivre l'école, sauf s'ils rejoignent un monastère bouddhiste ou un orphelinat chrétien, la santé des populations se dégrade et l'espérance de vie a chuté depuis 40 ans !
En plus l'armée réprime tout mouvement d'autonomie des minorités qui constituent une part importante de la réalité du pays, depuis les Karens assez connus, en passant par les Shan et autres peuples.
Pour Frédéric qui revient d'un séjour dans le pays, l'explosion qui a eu lieu en 2007 avec les manifestations de moines bouddhistes n'est pas une affaire passagère, car le mécontentement de la population est profond. Et pour la junte, le fait de s'en être pris aux moines qui sont respectés et vénérés par les gens est et sera lourd de conséquences ; il pense qu'un mouvement est né que rien ne pourra vraiment arrêter, même si pour le moment le calme semble être revenu. D'ailleurs des pourparlers plus ou moins officiels existent avec l'espoir que se mette en place une conciliation tripartite : avec l'opposante Ang Song Shu Shi et son parti, des représentants de la junte et des délégués des minorités.








