Mise à jour du blog de l'Association Paroles A Venir
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Jean-Michel Tesseron
webmaster du blog
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Paroles A Venir: Soirée du 19 janvier avec Nicolas Senèze, journaliste et essayiste
Le mercredi 19 janvier, la salle du 13bis de la rue Abel Gance a accueilli une trentaine de personnes pour une rencontre avec Nicolas Senèze, journaliste et essayiste français qui a travaillé au service religieux du quotidien La Croix, dont il a été le correspondant au Vatican.
Auteur de plusieurs ouvrages, dont « Comment l’Amérique veut changer de pape », il a développé son exposé sur le thème : « Le Pape François : ce qu’il fait bouger, les oppositions qu’il rencontre ».
Le pape François, qui était perçu au début de son pontificat comme un pape de transition, a été élu il y a maintenant neuf ans.
Son ministère peut être considéré d'ores et déjà comme un pontificat de réforme, qui a redonné sa saveur évangélique au catholicisme.
En 2013, son élection en une seule journée, tout comme ses premiers pas comme pape, furent une surprise : tout juste élu, il a demandé à être béni par le peuple de Dieu. Il refuse également d'habiter dans le Palais apostolique, jusqu’alors la résidence de ses prédécesseurs, et il opte pour la résidence collective Sainte Marthe.
Le pape François est un jésuite nourri du concile Vatican II et de la théologie du peuple.
C'est un Pape du peuple, avec le peuple, visant à ce que le peuple et le peuple de Dieu soient en relation mutuelle.
Il a choisi le nom de François pour se positionner comme un homme de la paix et un homme de la création, mais également comme un pape attentif aux pauvres, fidèle à ce que Monseigneur Homes lui avait soufflé au moment de son élection : « N'oublie pas les pauvres ! »
A l’époque de la décision de Benoit XVI de remettre sa démission, François a suscité la colère d’un certain nombre de cardinaux, compte tenu des soucis qu’il a rencontrés et de ceux qui n’ont pas été résolus.
Les cardinaux italiens ont déjà pré-choisi son successeur. Certains attendent un renversement de la table pour impulser les réformes nécessaires. Il existe cependant le risque que tout change sans que rien ne change.
Le pape François s’entoure d’un conseil consultatif et non décisionnel de cardinaux, dont seulement deux sont membres de la Curie. Il recourt à des experts extérieurs.
Il poursuit et entreprend des réformes structurelles, ainsi que des réformes financières. Pour lui, l'argent est corrupteur, c'est pourquoi il renforce les organes de contrôle, met fin au statut de paradis fiscal du Vatican, à la banque du Vatican offshore. Il entreprend même de récupérer l'argent escroqué, ordonnant la fermeture de 4000 comptes sur les 19000 existant.
Il réforme la Curie, qui est le gouvernement de l'Eglise, avec la révision de la constitution apostolique. Ce qui gouverne ces changements, ce sont l’harmonie, la transparence et la collégialité, avec une redéfinition du rôle de l’appareil romain. Les modifications concernent entre autres les conseils pontificaux, par la fusion de certains d’entre eux, la création d’un ministère de la justice, l’entrée de laïcs et particulièrement de femmes sans fonction pastorale.
Ces réformes passent par une réforme de la manière d'être (étant jésuite, il a une grande pratique des exercices spirituels), pour instiller un discernement constant et une volonté de subsidiarité (un équilibre entre épiscopats et centralisation qui reste largement à trouver). Le maître-mot est « synodalité », c’est-à-dire une façon de réformer le fonctionnement de l'Eglise en son sein, pour mieux évangéliser.
En 2001, le pape François, qui était alors le cardinal Jorge Bergoglio, a été le rapporteur du synode sur l'épiscopat. A cette occasion, il a souffert de l'interventionnisme de la Curie dans son travail. Comme religieux, il a gardé l’habitude de la décision collective, qui nécessite un temps d’évaluation, de discernement, et en final de "rendre le service de la décision".
Un synode n’est ni un parloir, ni un congrès, mais la recherche d'un consensus. Chaque cardinal fait évoluer sa position, ce qui en fait la décision de tous. Une telle approche nécessite une parole libre. On peut ainsi citer le thème de la famille, où l'approche moralisatrice en vigueur au sein de l’Eglise a montré ses limites. Le pape François préconise de partir de l'Evangile, et non de la morale, d'où son insistance sur la miséricorde. Il prône également la séparation entre la personne et ses actes : « Qui suis-je pour juger ? », dit-il. Ce qui compte pour lui est la volonté de chercher le Seigneur, la dynamique qui anime la personne…
Une autre thématique à laquelle il s’attaque concerne la culture du bien-être, la culture du déchet qui laisse sur le côté le plus pauvre, jusqu'au chômeur. Il endosse le combat pour la vie digne, ce dont rend compte l’encyclique Laudate SI. Ce n'est pas une encyclique verte, mais un document social ; tout est lié : les uns et les autres, et la nature, en suscitant la culture de la rencontre.
Le Pape François assume la culture de dialogue de Vatican II. Jorge Bergoglio n'a pas vécu Vatican II de l'intérieur, car il a été ordonné après ce concile. Il inquiète ceux qui sont attachés à un certain cléricalisme, ceux pour qui la morale est clé et qui vivent l’approche du pape comme un recul. Ses positions sociales le font passer comme un communiste pour certains.
Cependant il existe une certaine dispersion de ses opposants. Il n’existe pas de convergence des luttes contre le pape. François a hérité d'un lourd passif laissé par ses prédécesseurs. Cependant, il reconnait avoir commis des erreurs.
Il ne pensait pas que certains de ceux qu’il estimait alors être des amis, pouvaient lui mentir les yeux dans les yeux. Il est allé jusqu'à s'excuser, et a changé d'approche.
Benoit XVI avait déjà une action très résolue, avec cependant une approche trop morale consistant en une tolérance zéro : on arrête, on punit.
Les réformes qu'il a lancées vont plus loin que le changement de ministères (dicastères), mais concernent la manière dont l'Eglise avance. La résistance des structures l’a poussé à aller plus loin.
Il n'a pas que des amis. L'opposition vient entre autres de ceux qui avaient fait de leur position à la Curie un lieu de pouvoir. Pour ces personnes la synodalité est difficile.
Le discours du pape François sur les migrants dérange.
Sa défense d'une acculturation chagrine ceux qui voient l'Eglise incarnée dans un occident gréco-latin. Il met en garde vis-à-vis d'une idéologie de la foi, car avant tout il s’agit de la rencontre d'une personne : Jésus-Christ.
Le pape François veut également s'attaquer aux causes, et donc au système: culture de l'abus et système de couverture qui lui permet de se perpétuer : le cléricalisme, une manière déviante d'exercer l'autorité (août 2018). L’abus de conscience, sans ce cas, devient un abus de pouvoir (en occident les enfants, en Afrique les femmes/religieuses).
Il propose de redistribuer le pouvoir dans l'Eglise. Il envisage des instances de décision, mais pas forcément de pouvoir : autorité / pouvoir.
Il souhaite revoir la notion de service, en faisant entrer les laïcs au Vatican, dans ses instances. Ce n'est nullement en s’opposant aux autres membres de ces instances, mais en suscitant la participation des laïcs. Ainsi, il procède à de nombreuses nominations de femmes à la Curie, pratiquement une sur deux. Toute l'action sociale est tenue par une femme. La communication est tenue par un laïc.
Il a créé le ministère de proclamation de la parole de Dieu, ouvert aux hommes et aux femmes.
Il n'y a pas que les ministères ordonnés… Le pape François souhaite jouer sur la diversité.
Le Concile de Trente avait mis au centre le prêtre, et il est difficile de se défaire d’un tel héritage...
8ème message d'espoir en ces temps de confinement et finale avant Noël
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Prière :
Qui peut me dire l’endroit
Où Jésus le Christ est né ?
Vois, Jésus prend naissance
Où l’homme commence
D’ouvrir son cœur et ses mains
Pour changer la vie de ses frères.
Oui, là, Jésus prend naissance.
Qui peut me dire le jour
Où Jésus le Christ est né ?
Vois, Jésus prend naissance
Où l’homme commence
D’ouvrir son cœur et ses mains
Pour changer la vie de ses frères.
Alors, Jésus prend naissance.
Qui peut me dire pourquoi
Jésus le Seigneur est né ?
Vois, Jésus prend naissance
Pour toi qui commences
D’ouvrir ton cœur et tes mains
Pour changer la vie de tes frères.
Pour toi, Jésus prend naissance.
7ème message d'espoir en ces temps de confinement
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Bien amicalement,
Père, en ces jours que tu nous donnes, nous t’offrons le prévu et l’imprévu.
Le prévu, il était déjà inscrit sur nos agendas :
semaines de travail, planning, vie rythmée à l’avance,
samedi et dimanche déjà programmés,
avec les visites familiales et tous ces rendez-vous à honorer.
Vie haletante, vie surchargée, avec peu de moments pour souffler.
Le prévu, c’est, au delà de ce cadre, des visages bien connus,
des visages rencontrés quotidiennement.
Tous, tu nous les donnes. Ils sont là chaque jour.
Tu nous fais confiance pour bâtir avec eux tous,
un espace de vie, de partage et de joie.
Aide-nous à vibrer à leurs espoirs comme à leurs doutes.
Mais nous voulons aussi t’offrir l’imprévu,
pour le recevoir si possible comme un cadeau de ta part, quel qu’il soit.
Et en ces temps-ci cet imprévu s’appelle corona
avec le confinement et les contraintes qu’il entraîne.
Et il met nos nerfs à rudes épreuves,
et il fait surgir en nous des questions sans réponses :
cela va-t-il durer longtemps ? cela va-t-il recommencer sans fin ?
Toi, le Dieu imprévisible et fidèle,
Apprends-nous ta patience, mets en nous ton espérance et ta ténacité ;
communique-nous la cadence de ton amour,
celle qui vibre au prévu et à l’imprévu.
Alors nous entendrons battre nos cœurs à l’écho de tes appels. Amen.
6ème message d'espoir en ces temps de confinement
5ème message d'espoir en ces temps de confinement
Avec Abraham, notre père dans la foi,
tu nous invites, Seigneur, à nous mettre en chemin,
un chemin où jamais nous ne serons installés, arrivés,
car être croyant, te donner notre foi, te faire confiance,
c’est être sans cesse en chemin.
Avec Abraham, notre père dans la foi,
tu nous adresses une invitation, une parole de naissance:
« Quitte » ce qui te retient sur place,
fait « craquer » la coquille qui t’emprisonne
pour l’aventure d’être un homme, une femme !
Avec Abraham, notre père dans la foi,
donne-nous le désir et la force de partir dans la confiance.
Et nous sommes partis, pas seul mais avec les autres,
avec cette communauté de frères, que tu nous donnes,
à découvrir, à habiter, à faire partager à tous.
Avec Abraham, notre père dans la foi,
nous ressentons alors qu’être croyant,
c’est se mettre en chemin pour une rencontre,
celle de l’Amour, celle de ton Amour
au milieu de nos frères. AMEN.
4ème message d'espoir en ces temps de confinement
Après “tenir“, VOULOIR…
« Avec des cathédrales pour uniques montagnes,
Et de noirs clochers comme mats de cocagne
où des diables en pierres décrochent les nuages,
Avec le fil des jours pour unique voyage,
Et des chemins de pluie pour unique bonsoir,
Avec le vent de l'est écoutez-le “vouloir“ le plat pays qui est le mien. »
Pour illustrer ce “vouloir“, je vais faire appel à une autre chanson de Brel :
|
Voir la rivière gelée Vouloir être un printemps Voir la terre brûlée Et semer en chantant Voir que l'on a vingt ans Vouloir les consumer Voir passer un croquant Et tenter de l'aimer |
Voir une barricade Et la vouloir défendre Voir périr l'embuscade Et puis ne pas se rendre Voir le gris des faubourgs Vouloir être Renoir Voir l'ennemi de toujours Et fermer sa mémoire |
Voir que l'on va vieillir Et vouloir commencer Voir un amour fleurir Et s'y vouloir brûler Voir la peur inutile La laisser aux crapauds Voir que l'on est fragile Et chanter à nouveau |
Voilà ce que je vois ; voilà ce que je veux, depuis que je te vois, depuis que je te veux.
Je ne vais pas en faire un long commentaire ; il suffit de se laisser porter, tellement de choses qui rejoignent nos vies sont ici évoquées :
- les situations apparemment sans issue (la rivière gelée, la terre brulée, l’embuscade, le gris des faubourgs, la vieillesse, la peur, la fragilité…) toutes occasions de manifester un “vouloir“ aller au-delà !
- la rencontre de l’autre, méprisé ou opposé, et la volonté d’aimer à fonds perdus… Je ne sais pas si Brel était “prophète“, mais il avait été, malgré lui (?) marqué par l’évangile… le croquant, pour l’aimer ; l’ennemi de toujours, pour dépasser la réaction instinctive !
Cela me fait penser à deux épisodes de l’évangile où entre le “voir“ des disciples et celui de Jésus s’affirme une différence, celle d’un “vouloir“ qui dépasse leur courte vue !
- Il y a d’abord l’épisode de la multiplication des pains : Les disciples voient bien le besoin qui habite la foule, mais leur conclusion est simple : il faut les renvoyer.
« Or le soir étant arrivé, les disciples s’approchèrent de lui disant : « Le lieu est désert et l’heure déjà passée, renvoie donc les foules pour que, partant dans les villages, ils s’achètent de la nourriture. » Mais Jésus leur dit : « Ils n’ont pas besoin de partir : vous, donnez-leur à manger ! » (Mt 14,15-16.)
Oui, Jésus a un autre projet ; il ouvre un partage, un festin fraternel, là où les disciples ne voyaient comme avenir que dispersion et débrouille personnelle.
- Même distance entre les disciples et Jésus devant l’aveugle-né. Jésus le voit et désormais il veut qu’en lui Dieu se manifeste comme guérison et lumière pour sa vie. Les disciples, eux, ont le regard tourné vers le passé : « Qui a péché pour qu’il soit né aveugle, lui ou ses parents ? » Les disciples portent un regard qui désolidarise et qui cherche le coupable.
- Jésus les entraîne à “vouloir » autre chose : qu’éclate en cet homme aveugle le projet de vie de Dieu. S’il est ainsi, « c’est pour qu’en lui se manifeste l’action de Dieu ! » dit-il.
Certainement qu’en nous aussi, il y a du chemin à faire entre « voir » et « vouloir » !
- Prenons le temps de discerner ce que cela fait apparaître en nos vies : qu’est-ce que je veux vraiment ? Qu’est-ce que je poursuis avec ardeur ?
- Prenons aussi le temps de regarder à quoi cela nous appelle dans notre existence. Quels sont nos objectifs, précis, réalistes ? Face à tous ce que nous voyons, que faut-il ouvrir comme perspectives, que faut-il vouloir, comme démarches significatives et fécondes ?
Et pour prier, prendre la chanson de Brel : « VOIR », en ajoutant au final « Seigneur » :
«… depuis que je te vois, depuis que je te veux, Seigneur ! »













